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J’avais mis la longue jupe, celle qui me fait si extravagante, la taille dardante.
Nous prenions un nouveau chemin, aller goûter d’autre cidre. Du moins cher pareil.
Une quête du soir à causer des accidents au quotidien. Tu me trouvais belle, tu étais beau, nous nous attendions au détour pour s’offrir des baisers pointus. J’étais fébrile déjà : tu partais le lendemain.
Nous déménagions le lendemain.
L’été arrivait le lendemain.
Nous cherchions du cidre pour ce soir. On descendait le grand boulevard. Celui qui démène du pont les voitures dans la ville.
La marche à peine avancée nous étions arrêtés. Sur l’asphalte, tout mort, gisait un chat frais.
J’avais l’envie de pleurer au coin de la gorge.
«Pourquoi y a-t-il des ponts et des voitures à leur bout?»
Tu me rassures gentiment. Parce que tu sais comment j’ai de la peine car tu l’attrapes aussi en pensant à nos chats. «Ça doit être rare, ici…».
Je décide de te croire quelques secondes, parce que nous sommes responsables de ces chats, surtout quand on les confie à la nuit.
Et alors que tu calmes mon cœur en me disant qu’il n’a sûrement pas souffert contre le pare-chocs, une tragédie passe en douce au milieu de la rue : un chat orange sous de nouvelles roues.
Elle convulse, la pauvre bête.
Je pleure.
C’est horrible! C’est tout!
Je déteste les voitures. Et tout ceux qui un jour ont apprivoisé les chats il y a mille et encore mille ans.
Il convulse au milieu de goudron.
Je l’aime déjà et il meurt.
Tu lui prends le corps. Il se gicle sur toi en morceaux et en sang.
Je hurle sur le trottoir comme si c’est moi qu’on avait frappée. Je sais que je ne pourrais jamais m’enlever cette bête de la mémoire. Cette bête et ses convulsions et toi qui l’achève généreusement de tes mains.
Tu l’aimes déjà, toi aussi, et elle est morte.
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