Marye

Short fictional texts, some in French and others in English.
All those writings following and most of the pictures are mine.

Courts textes de fiction, en français et en anglais.
Tous les écrits suivants, ainsi que la majorité des images sont miens.

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un lieu pour dévier
et laisser fendre dans l’espace mes hanches insoutenables
«j’aime la musique»
et tout ce torrent qui m’innonde

°

tu m’écoutes déformer la voix des autres
tant que tu puisses jouer des mains le long de mon cou 
«j’aime les paillettes»
et éparpiller les vêtements au sol
pour nous rendre plus fragiles

°

tu me suspends dans ton désordre
me décores d’une poudre riz
et me racontes des voyages outre-mer
pour panser sous mes paupières
une nuit interminable

°



 

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des fleurs blanches voltigent dans l’air
et se répandre comme l’encens sous nos mémoires 
étrangères
l’odeur de flocons séchés
on ratisse le parterre 
nos jambes ouvertes 

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upside down
my chest like a garbage can
I’m ejecting my heart
out
my words thrown
there are sharpened fish bones
slowly softening
in piles
it’s good day for sunbleach
how white
is too white
for our hollowed limbs
to plane down
origami
we have shields against paper balls
i get us weapons
i give you weapons
see my lord
my wounds claims no harm
every single fingers that I had
folded
as ten little knees making love to the ground
i bend to you

*



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elle a empilé de jeunes monts sur de jeunes monts
pour y construire au sommet
un échafaud

*
elle l’a grimpé habilement
pour y enfiler à la plante du pied
de solides échasses

*

en équilibre
elle tend vers le ciel son bout de doigt

*

- J’attends, dit-elle. Je n’oscillerai pas. Il me poussera bien une antenne.



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hier …c’était froid

.

des doigts parcouraient mes cheveux et j’aurais demandé plus encore
nombre de mains et de doigts
rien que pour sentir une autre peau contre ma peau

.

j’ai évité la nuit
et nos draps et ma tête
quelqu’un avec qui me démettre jusqu’au matin
pour des cieux mauves et clairs
qu’importe
tant que je ne les reconnaisse pas

.

je pourrais aimer encore
donner à nouveau ce qui avive
ce qui bat sans raison
rendre ce qui est lourd
risible et léger
ce qui est crevant
paré et intouchable

.

mais je ne cherche qu’un corps
un creux vaste
pour m’y blottir, m’y enfouir à l’instant
sans terme

.

comme une terre d’accueil souple et flexible
sur laquelle m’étendre
un jardinier temporaire, peut-être
pour croître
au lieu de prendre racines