hier …c’était froid
.
des doigts parcouraient mes cheveux et j’aurais demandé plus encore
nombre de mains et de doigts
rien que pour sentir une autre peau contre ma peau
.
j’ai évité la nuit
et nos draps et ma tête
quelqu’un avec qui me démettre jusqu’au matin
pour des cieux mauves et clairs
qu’importe
tant que je ne les reconnaisse pas
.
je pourrais aimer encore
donner à nouveau ce qui avive
ce qui bat sans raison
rendre ce qui est lourd
risible et léger
ce qui est crevant
paré et intouchable
.
mais je ne cherche qu’un corps
un creux vaste
pour m’y blottir, m’y enfouir à l’instant
sans terme
.
comme une terre d’accueil souple et flexible
sur laquelle m’étendre
un jardinier temporaire, peut-être
pour croître
au lieu de prendre racines